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Christine SAJOT
/ Catégories: AFM, INFORMATIONS

Hommage : M Jacques MAUSS

"Jacques Mauss, professeur émérite à l'université Paul Sabatier (UPS, Toulouse), est décédé le 1er mai 2020, à l'âge de 82 ans. La communauté de la mécanique française perd une figure marquante et humainement très attachante, et en éprouve une grande tristesse.

 

Jacques Mauss a fait ses études à l'université Pierre et Marie Curie (Paris 6) où il a soutenu sa thèse d'Etat en 1971, sous la direction de Paul Germain et Wiktor Eckhaus. Cette thèse portait sur les problèmes de perturbation singulière, rencontrés notamment en mécanique des fluides pour le traitement de la couche limite. Nommé professeur à Toulouse quelques années plus tard, il développera cette thématique au Laboratoire de modélisation en mécanique des fluides (LM2F), laboratoire qu'il dirigera de nombreuses années.

 

Jacques a joué, au long de sa carrière, un rôle important dans la structuration de la mécanique toulousaine, aux côtés, notamment, de Serge Bories, Lucien Masbernat et Jean Fabre, et avec son ami Jean Cousteix de l'ONERA. Il a ainsi participé à la mise en place du DEA et du troisième cycle de mécanique des fluides, fédérant les établissements concernés ; puis il a compris que le LM2F devait rejoindre l'Institut de mécanique des fluides de Toulouse (IMFT), jonction réalisée en 1995, afin de rapprocher et faire travailler ensemble les enseignants-chercheurs de l'UPS et de l'ENSEEIHT (Toulouse INP), et les chercheurs du CNRS.

 

A titre plus personnel, Jacques restera pour moi, sur le plan scientifique, l'homme des développements asymptotiques, l'amoureux d'Epsilon, amour qu'il partageait volontiers ; et également l'ardent promoteur - mais on pouvait là ne pas le suivre complètement - d'une science "pure et désintéressée", dans le fil de la culture scientifique dont il était issu. Il s'amusait ainsi à dire, un brin provocateur, qu'il ne connaissait pas la valeur de la viscosité de l'eau. Etait-ce vrai ? Qu'on puisse en former un petit paramètre lui suffisait. Homme des Lumières, Jacques était aussi un conteur passionné du "mystère du mouvement", pour reprendre le titre de l'un de ses livres, mystère dont il aimait converser tant avec ses collègues qu'avec ses vieux amis, de Platon à Newton, dont il était un remarquable passeur.

 

Ces derniers temps, Jacques restait un fidèle des "pots" du département de mécanique, où j'avais le grand plaisir de le retrouver, pour l'une de ces conversations dont il avait l'art, autour de l'un de ses sujets favoris, la politique ou l'histoire des sciences.

 

Une sentence de "La vie de Galilée" de Bertolt Brecht, qu'il cite dans son livre sur le mystère du mouvement, le résume assez bien me semble-t-il :

"Penser est l'un des plus grands divertissements de l'espèce humaine."

 

François Charru"

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